Gérer l’anxiété : quand le corps se met en alerte
L’anxiété n’est pas seulement une question de pensées.
Elle peut se manifester par un cœur qui s’accélère, une respiration plus courte, une tension dans la poitrine ou le ventre, des muscles contractés, une agitation intérieure ou au contraire une sensation de blocage.
Parfois, la personne sait parfaitement que « tout va bien », mais son corps semble lui dire le contraire.
L’anxiété est aussi une expérience corporelle.
Dans mon accompagnement, je m’intéresse donc à la fois à ce que vous pensez, à ce que vous ressentez émotionnellement et à ce qui se passe dans votre corps.
Comprendre la réponse d’alarme
La peur et l’anxiété ont une fonction importante : elles nous permettent de détecter une menace et de mobiliser rapidement nos ressources.
Lorsque notre cerveau perçoit un danger, réel ou potentiel, le système nerveux autonome peut activer une réponse de protection.
Le corps se prépare alors à agir :
le rythme cardiaque peut augmenter ;
la respiration peut devenir plus rapide ;
les muscles se contractent ;
l'attention se focalise davantage sur ce qui pourrait représenter une menace ;
l'organisme mobilise de l'énergie pour pouvoir agir.
Cette réaction est utile lorsqu'elle correspond à un danger réel.
Mais le système d'alarme peut aussi rester activé alors que la menace n'est plus présente, ou se déclencher face à une situation que la personne vit comme menaçante.
C'est notamment ce qui peut se produire dans l'anxiété chronique.
Quand penser ne suffit plus
Une des caractéristiques de l'anxiété est que plus l'activation augmente, plus il peut devenir difficile de simplement « raisonner » avec soi-même.
Vous pouvez savoir que vous êtes en sécurité tout en ressentant :
« Je n'arrive pas à me calmer. »
C'est pourquoi je ne cherche pas uniquement à travailler sur les pensées anxieuses.
Nous pouvons également porter attention à la respiration, aux sensations, aux tensions musculaires, au mouvement, à la posture et au rythme de l'activation.
L'objectif n'est pas de lutter contre les sensations, mais progressivement d'apprendre à les reconnaître, à les tolérer et à retrouver davantage de choix dans la manière d'y répondre.
L’anxiété comme un continuum
Il n'existe pas un seul niveau d'anxiété.
Nous pouvons imaginer un continuum :
Stress léger → anxiété modérée → anxiété intense → panique
À faible intensité, vous pouvez généralement continuer à réfléchir, parler et prendre des décisions.
Lorsque l'activation augmente, les sensations corporelles peuvent prendre davantage de place. À un niveau très élevé, la personne peut avoir l'impression de perdre le contrôle, d'être submergée ou de ne plus parvenir à penser clairement.
Cette distinction est importante en thérapie.
On ne travaille pas de la même manière avec une personne légèrement anxieuse et avec une personne en état de forte activation.
Pourquoi commencer par le corps ?
Dans une approche corporelle de la psychothérapie, le corps n'est pas considéré comme un simple symptôme à faire disparaître.
Il peut devenir une porte d'entrée vers une meilleure compréhension de soi.
Par exemple :
Où est-ce que je ressens mon anxiété ?
Que se passe-t-il dans ma respiration ?
Est-ce que je me contracte ou est-ce que je me fige ?
Qu'est-ce qui déclenche cette réaction ?
De quoi mon corps semble-t-il avoir besoin ?
Puis-je rester en contact avec cette sensation sans être complètement envahi ?
Qu'est-ce qui m'aide à revenir vers un état de sécurité ?
Ces questions permettent progressivement de passer de :
« Je suis anxieux »
à :
« Je remarque ce qui se passe en moi lorsque l'anxiété apparaît. »
Cette différence peut être importante.

Apprendre à réguler plutôt qu'à contrôler
Lorsque l'anxiété est forte, chercher à la supprimer immédiatement peut parfois renforcer le sentiment de lutte.
Je propose plutôt d'explorer progressivement la capacité à rester en contact avec ce qui se passe sans être submergé.
Cela peut passer par des expériences simples :
ralentir le rythme ;
porter attention aux sensations corporelles ;
retrouver une respiration plus confortable ;
sentir les appuis du corps ;
mobiliser doucement le mouvement ;
identifier ce qui augmente ou diminue l'activation ;
mettre des mots sur l'expérience ;
expérimenter différentes manières de retrouver un sentiment de sécurité.
Le rythme est essentiel.
Une expérience corporelle utile doit rester dans une zone que la personne peut tolérer.
Il ne s'agit pas de provoquer davantage d'activation pour « libérer » quelque chose à tout prix.
Une approche intégrative de l’anxiété
Dans mon travail, j'associe plusieurs dimensions de la psychothérapie :
Le corps
Nous explorons les sensations, la respiration, la posture, les tensions et les réactions physiques associées à l'anxiété.
Les émotions
Nous cherchons à identifier et à accueillir les émotions qui peuvent se trouver derrière l'anxiété : peur, colère, tristesse, honte, impuissance ou besoin de protection.
Les pensées
Nous pouvons également examiner les scénarios anticipatoires, les croyances et les mécanismes qui entretiennent l'anxiété.
La relation
L'anxiété peut également se manifester dans les relations : peur du rejet, besoin de contrôle, difficulté à poser des limites, peur du conflit ou sentiment d'insécurité affective.
L'histoire personnelle
Certaines réactions actuelles peuvent prendre sens lorsqu'elles sont mises en relation avec des expériences antérieures, notamment lorsque la personne a appris très tôt qu'elle devait se contrôler, être performante ou rester constamment attentive à son environnement.
Retrouver davantage de choix
Le but d'une thérapie de l'anxiété n'est pas nécessairement de ne plus jamais ressentir d'anxiété.
L'anxiété fait partie de l'expérience humaine.
L'enjeu peut plutôt être de retrouver progressivement la capacité à reconnaître ce qui se passe, à réguler son niveau d'activation et à choisir comment répondre.
Passer de :
« Mon anxiété me contrôle »
à :
« Je peux sentir mon anxiété et rester en relation avec moi-même. »
C'est ce déplacement que nous pouvons explorer ensemble.
Comment je peux vous accompagner
J'accompagne les adultes qui souhaitent mieux comprendre et gérer leur anxiété dans le cadre d'une psychothérapie intégrative et corporelle à Paris, en français ou en anglais.
Le travail peut être particulièrement pertinent lorsque l'anxiété s'accompagne de :
stress chronique ;
tensions corporelles ;
difficultés relationnelles ;
difficultés à poser des limites ;
peur du rejet ou de l'abandon ;
besoin de contrôle ;
surcharge professionnelle ;
difficultés émotionnelles ;
sentiment d'être constamment « en alerte ».
Le travail est adapté à votre rythme et à votre capacité du moment. Il ne s'agit pas de forcer une émotion ou de provoquer une réaction corporelle, mais de développer progressivement davantage de sécurité, de conscience et de choix.
Vous souhaitez mieux comprendre votre anxiété ?
Une première séance permet d'explorer ce qui se passe actuellement, ce que vous avez déjà essayé et ce que vous aimeriez voir changer.




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